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Charles Taylor

Grand officier (2000)

Né à Montréal en 1931, d'un père anglophone et d'une mère francophone, Charles Taylor fait ses études à l'Université McGill, où il obtient un baccalauréat en histoire, en 1952. Boursier Rhodes, la première de ses nombreuses distinctions internationales, il poursuit ses études à l'Université d'Oxford dont il est diplômé en politique, philosophie et économie. En 1956, il est élu fellow du Collège All Souls d'Oxford, poste qu'il occupe jusqu'à l'année 1961. À cette époque, grâce à la personnalité dominante d'Isaiah Berlin, Oxford était le plus important centre de philosophie anglo-américaine au monde, non seulement sur le plan de la philosophie politique, qui allait devenir le principal champ de réflexion de Charles Taylor, mais, de façon générale, sur le plan de ce qu'il est convenu d'appeler la philosophie analytique. Tout en faisant déjà sa marque comme philosophe politique, Taylor oriente ses premiers travaux vers cette spécialité qu'est la philosophie de la pensée. En 1961, il quitte le All Souls Fellowship pour se joindre au Département de sciences politiques de l'Université McGill et, en 1963, à l'Université de Montréal. Cette alliance, qui a duré jusqu'à l'année 1971, représente parfaitement le théoricien politique et le philosophe, deux dimensions indissociables de son œuvre. En 1976, il est élu à la Chaire Chichele de philosophie sociale et politique à Oxford. C'est, en quelque sorte, l'honneur suprême. En effet, cette chaire d'Oxford est indubitablement la plus importante au monde dans le domaine de la philosophie politique. Le fait d'y être le successeur d'Isaiah Berlin ne pouvait que rehausser le prestige de cette nomination. En 1981, Charles Taylor retourne à McGill.

En plus de nombreux articles marquants, Charles Taylor a publié, au cours des 35 dernières années, une série de livres qui l'ont placé au tout premier rang des philosophes contemporains : The Explanation of Behaviour, en 1964, Hegel, en 1975, Sources of the Self (Les Sources du moi : la formation de l'identité moderne), en 1989, The Malaise of Modernity (Le Malaise de la modernité), en 1991, et Philosophical Arguments, en 1995. Son œuvre s'abreuve aux sources les plus nobles de la tradition philosophique occidentale; elle puise non seulement chez les philosophes politiques et sociaux comme Rousseau, Marx et l'École de Francfort, mais également chez des géants comme Platon, Aristote, Hobbes, Locke, Kant et Hegel, dont on ne peut dissocier la dimension politique de l'ensemble de leur œuvre, et chez des philosophes comme Wittgenstein, même s'ils ne s'intéressent pas directement aux questions politiques. La philosophie politique de Taylor démontre une compréhension profonde de la tradition philosophique occidentale dans toute son ampleur.

Bien que sa formation appartienne à la tradition de la philosophie analytique d'Oxford, Taylor a tôt fait de la transcender et de se tourner vers les domaines de la philosophie existentielle et phénoménologique. Il a tenté d'appliquer ses recherches philosophiques aux questions politiques pratiques et, surtout, à ses efforts constants pour expliquer, de l'un à l'autre, le Québec et le Canada anglais. À cet égard, son livre Reconciling the Solitudes et Rapprocher les solitudes, publié simultanément dans les deux langues en 1992, résume parfaitement son approche et son œuvre.

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