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Ordre national du Québec - Honneur au peuple du Québec

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Albert Millaire (1935 – 2018)

Chevalier (1995)

Albert Millaire était un comédien à la présence vocale forte, à la prestance inégalable et au charisme puissant; à telle enseigne que les gouvernements du Canada et du Québec ont souvent fait appel à lui comme porte-parole. Sa carrière, qui avait débuté en 1956, avant même sa sortie du Conservatoire, s’est abruptement achevée avec son décès. Il avait interprété des dizaines de rôles aussi diversifiés que prestigieux, ayant excellé autant sur les planches qu’au petit écran (près de vingt téléthéâtres et quelque vingt-cinq téléséries, téléromans et téléfilms) et au grand écran (une dizaine de longs métrages). Artiste accompli, il s’était illustré, au fil des années, comme metteur en scène de théâtre et d’opéra ainsi que, tour à tour, comme directeur artistique adjoint du théâtre d’été Chanteclerc, cofondateur-codirecteur artistique du Centre-Théâtre, directeur associé, puis directeur artistique adjoint du Théâtre du Nouveau Monde, directeur artistique du Théâtre de Repentigny, directeur artistique du Théâtre populaire du Québec et directeur artistique du Théâtre du Bois de Coulonge.

M. Millaire naquit à Montréal en 1935. Après avoir fait son cours classique au collège de L’Assomption, il entra, en 1955, à l’établissement montréalais du Conservatoire de musique et d’art dramatique de la province de Québec, et ce, avec la promotion Shakespeare. Il fit ainsi partie de la deuxième cohorte étudiante du volet théâtre, un programme de deux ans. En 1963, il alla perfectionner son art dramatique en France et en Allemagne. L’année suivante, il retourna en Europe, cette fois en Angleterre. Beaucoup plus tard, il suivit, pendant plusieurs mois, un stage de mise en scène opératique à Londres.

La seconde moitié des années 1950 a vu ses débuts professionnels de comédien, qui se sont essentiellement faits au petit écran dans des émissions jeunesse, dont Les ailes de l’aventure (1956-1957), Au chenal du moine (1957-1958), Le courrier du roy (1958-1961) et Le grand duc (1959-1963), laquelle a été suivie de D’Iberville (1967-1968), une émission regardée assidûment par enfants et parents, où il incarnait Pierre Le Moyne d’Iberville, un héros de la Nouvelle-France.

En 1961, il fonda le Centre-Théâtre avec François Guillier, Hubert Loiselle, Jean-Louis Millette et Jacques Zouvi. C’est lui qui monta le premier spectacle de la troupe, qui allait débuter par une saison complète de théâtre d’avant-garde.

Après ses premiers séjours européens d’études, qui l’avaient mis au contact de grands metteurs en scène, il devint un habitué du Théâtre du Nouveau Monde. Il y assura la mise en scène d’une bonne dizaine d’œuvres : Les sorcières de Salem (1965-1966), Le temps sauvage (1966-1967), Le rhinocéros (1967-1968), Les grands soleils (1967-1968), Bilan (1968-1969), Les traitants (1968-1969), La guerre, yes Sir! (1970-1971), Jules César (1971-1972), La main passe (1974-1975), Marche, Laura Secord! (1975-1976), Le marathon (1975-1976).

Entre-temps, en 1969, il prit, pour un peu plus de deux ans, la direction artistique du Théâtre populaire du Québec. Son arrivée a marqué le début d’un nouveau programme pour la compagnie montréalaise, qui s’est, dès lors, ouverte à la dramaturgie québécoise et à la création collective. En 1987, il se démarqua dans la mini-télésérie Laurier, où il avait le rôle-titre.

Plus tard, de 1989 à 1993, pendant cinq saisons consécutives, il fit le Stratford Festival de l’Ontario, montant sur les planches avec brio et signant trois mises en scène, dont celle de Bonjour, là, bonjour! de Michel Tremblay (devenu grand officier de l’Ordre en 2015). Précédemment, toujours dans la langue de Shakespeare, il monta Riel (1975-1976), pour le Centre national des arts, et Le malade imaginaire (1977-1978) pour le Dallas Theater Centre. Plusieurs fois, il a fréquenté le théâtre anglophone Centaur, où son dernier grand rôle a été, en 2005, dans la pièce Long Day's Journey into Night d’Eugene O’Neill.

Quoi qu’il en soit, au Québec, tout au long de sa carrière, il a joué au théâtre. Il a brillé dans les grandes pièces, par exemple En attendant Godot (1956), Polyeucte (1959), L’aigle à deux têtes (1962), Lorenzaccio (1965), Homme à homme (1968), Hamlet (1970), Le mariage de Figaro (1972), Un caprice (1978), Amadeus (1983), Dom Juan ou le festin de pierre (1984), Topaze (1988), Célimène et le cardinal (1993), La mandragore (1998), Urfaust (1999), Oreste (2002) et Œdipe à Colone (2003). Outre le répertoire européen classique, auquel on l’associait le plus souvent, il s’intéressait au répertoire moderne, tout particulièrement en qualité de metteur en scène, n’ayant crainte d’aborder des œuvres originales.

Au sein de sa propre compagnie (éponyme et constituée en 1978), où l’épaulaient Catherine Bégin et Claude Pichette, il interpréta, de 1979 à 1983, divers rôles dans Trois actrices, un coq, de Clémence Desrochers (devenue chevalière de l’Ordre en 2001), Les fiancés de l’armoire, de Joe Orton, Anatole, d’Arthur Schnitzler, Les farces, d’Anton Tchekhov, et dans la seule pièce qu’il a écrite, Paulette et Armande étaient vertueuses, et qu’il a présentée, en 1983, à son théâtre d’été du Manoir Saint-Castin, au Lac-Beauport. En outre, il a également mis en scène tous ces spectacles.

Pour les besoins de son métier, il n’hésitait pas à chanter. En 2003, au Festival d’été de Québec, il participa à l’opérette Pomme d’api, d’Offenbach. On lui doit même les paroles d’un certain nombre de chansons, qu’il a composées avec Cyrille Beaulieu, François Cousineau (devenu chevalier de l’Ordre en 2011) et Jeannine Lachance.

De plus, M. Millaire avait dirigé plusieurs productions opératiques, notamment avec l’Opéra du Québec, l’Opéra de Montréal, l’Opéra de Québec et le Centre Orford.

Par surcroît, on l’a vu, de temps à autre, dans des longs métrages québécois, au cours de chacune des sept décennies de sa carrière.

Enfin, sur le plan socioprofessionnel, M. Millaire a été activement présent au sein de plusieurs organisations : l’Union des artistes de Montréal, le Centre du Théâtre canadien, l’Académie québécoise du théâtre, la Fondation Wilfrid-Pelletier, le Conseil des arts du Canada et le Conseil canadien du statut de l’artiste où, en qualité de président, il amena l’adoption, en 1992, de la Loi sur le statut de l’artiste.

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