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Pierre Théberge (1942 – 2018)

Chevalier (1992)

Pierre Théberge était un gestionnaire de musée d’une rare indépendance intellectuelle. Il a élargi les horizons du Musée des beaux-arts de Montréal et ceux du Musée des beaux-arts du Canada. Par ricochet, il a favorisé, dans bien d’autres musées canadiens, l’accès de pans entiers des arts visuels au plus grand nombre. Très tôt dans sa carrière, il a cherché à atteindre un vaste public en faisant disparaître le mur érigé entre l’art avec un grand A et l’art populaire. Ouvert à la modernité, il s’est opposé, avec audace, à la vision académique de la vieille garde de l’art, mais il a toutefois su assurer un heureux équilibre entre les différentes disciplines artistiques anciennes et contemporaines.

M. Théberge est né en 1942 dans le comté de Kamouraska, à Saint-Éleuthère (Pohénégamook). Après avoir obtenu une licence en histoire de l’art de l’Université de Montréal, il a poursuivi ses études au Courtauld Institute of Arts de Londres.

En 1966, il a fait ses premières armes professionnelles à Ottawa à la Galerie nationale du Canada, comme conservateur adjoint de l’art canadien. Assez rapidement, on lui a confié la pleine et entière responsabilité de la conservation de l’art canadien contemporain.

En 1979, M. Théberge est devenu conservateur en chef au Musée des beaux-arts de Montréal, alors très peu fréquenté et presque inconnu sur la scène occidentale. Dès l’année suivante, il a organisé l’exposition Le musée imaginaire de Tintin, rompant ainsi sciemment avec le conservatisme ou classicisme muséal d’alors. En 1982, il monte L’art du cinéma d’animation. Puis, il enchaîne avec des expositions concernant des peintres (Bouguereau en 1984, Pablo Picasso en 1985 et Miro à Montréal en 1986) avant de prendre la tête du musée, pour une bonne dizaine d’années.

Sous la direction de M. Théberge, l’établissement a connu un essor notable avec :
1) la présentation d’expositions qui repoussaient les frontières de l’art muséal, par exemple Léonard de Vinci, ingénieur et architecte (1987), Snoopy (1992) et Beauté mobile : un siècle de chefs-d’œuvre automobiles (1995);
2) l’ajout, en 1991, du pavillon Jean-Noël Desmarais, justifié par la fréquentation accrue de l’établissement;
3) le lancement d’une politique d’acquisition ambitieuse;
4) la création d’un service du rayonnement international, voué aux partenariats avec l’étranger.

En 1998, M. Théberge a été nommé directeur du Musée des beaux-arts du Canada, poste qu’il n’allait quitter qu’à la fin de 2008 – pour motif de santé – après deux mandats consécutifs. Dès 2000, il a procédé au lancement de deux revues consacrées à l’art : Vernissage, magazine grand public, et la Revue du MBAC, une publication spécialisée. Dans ses fonctions au sein de la société de la Couronne, il s’est employé aussi à intégrer davantage l’art autochtone à la collection nationale. Il s’est de plus appliqué à faire connaître cette dernière au moyen d’expositions itinérantes auxquelles il a donné un essor majeur. Par exemple, Le corps transformé (2003) a beaucoup voyagé à travers le pays, et La grande parade – portrait de l’artiste en clown (2004) a fait une tournée en France. À cet égard, et plus largement, les coproductions se sont multipliées au Canada – tout particulièrement avec le complexe muséal Cité de l’énergie de Shawinigan, qui, de 2003 à 2007, a monté des expositions d’art contemporain de grande qualité – et à l’extérieur, notamment avec Los Angeles, Philadelphie, Washington, Londres, Paris et Berlin.

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