Gouvernement du Québec. Come back to home page.

Ordre national du Québec - Honneur au peuple du Québec

Restaurer la taille du texteAugmenter la taille du texte


Videos

22 juin 2017Cérémonie annuelle de remise des insignes – Chevaliers et chevalières

Transcription

...en commençant les chevalières et chevaliers. Alors, sans plus tarder, allons-y.

Monsieur Yves Sirois

Vous êtes l’un de nos plus éminents physiciens, diplômé de l’Université de Montréal et de McGill.

Né à Matane, vous êtes très tôt attiré par l’immensité, non seulement celle de la mer gaspésienne, mais aussi celle du ciel, que vous contemplez, me dit-on, avec une angoisse philosophique. Vous avez dit : « Je ne pouvais pas supporter l’idée de ne pas comprendre d’où l’on vient. » Vous êtes directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique et responsable, pour la France, de l’expérience du grand collisionneur de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire, connue comme le CERN. Vous avez coordonné des travaux prodigieux de ces quelque deux mille physiciens, qui ont démontré, en 2012, l’existence du fameux boson de Higgs – il n’y aura pas d’examen à la sortie pour vous demander exactement de quoi il s’agit. (Rires)

Cette particule élémentaire est considérée comme l’une des clés de la structure fondamentale de l’univers. Elle permet d’expliquer la masse de la matière, le contenu du vide, même, on pourrait dire. Par votre entremise, le Québec est ainsi associé la résolution de l’une des plus grandes énigmes scientifiques de l’histoire et à la découverte de ce qu’on appelle – soyons modestes; ouvrons les guillemets et fermons-les – la « particule de Dieu ».

Vous avez été admis à l’Ordre national du Québec en 2016, votre décoration vous est donc remise aujourd’hui. Yves Sirois, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Jean-René Roy

Vous appartenez, vous aussi, à cette élite scientifique du Québec, qui élucide les mystères de l’univers. Originaire de Saint-Hyacinthe, vous êtes notamment titulaire d’un doctorat en astronomie de l’Université Western, en Ontario, et vous êtes une sommité mondiale de la physique du Soleil.

Vous avez été parmi les premiers à bien expliquer les éruptions solaires et à comprendre les rayonnements qui en émanaient. Vous vous êtes aussi penché sur la composition chimique des galaxies. Vos travaux ont permis de comprendre le phénomène des vents stellaires – c’est presque poétique, de le dire comme ça! Vos découvertes ont été si importantes qu’elles ont entraîné la naissance d’une nouvelle génération d’appareils d’observation de l’univers : les imageurs hyperspectraux. Votre renommée est mondiale; vous avez notamment dirigé les grands télescopes internationaux Gemini à Hawaï et au Chili, en plus de contribuer puissamment au développement de notre Observatoire du Mont-Mégantic. Auteur prolifique, vous avez écrit une multitude d’articles scientifiques ainsi que plusieurs ouvrages grand public. Vous êtes reconnu par vos pairs comme l’un des fondateurs de l’astrophysique québécoise, aujourd’hui reconnue internationalement.

Jean-René Roy, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

Madame Carol L. Richards

Vous êtes physiothérapeute de formation. Vous détenez un baccalauréat en physiothérapie de McGill et une maîtrise en réadaptation de l’Université de Saskatchewan. Vous avez fait votre stage prédoctoral en neurophysiologie dans un hôpital de Stockholm et complété un doctorat en chirurgie expérimentale à McGill.

Vous êtes une sommité dans l’évaluation et le traitement des perturbations liées aux déficiences neurologiques. Ce champ d’expertise tout particulier vous a hissée parmi les plus grandes spécialistes mondiales de la récupération consécutive à un accident vasculaire cérébral, ce qu’on connait couramment comme un AVC. Vous avez littéralement inventé le traitement post-AVC au Canada et jeté les bases de la science moderne de la réadaptation physique. Vous avez d’ailleurs été directrice-fondatrice du Département de réadaptation de la Faculté de médecine de l’Université Laval et avez dirigé plusieurs organismes d’enseignement et de recherche en réadaptation. Vous avez écrit ou coécrit quelque 175 articles scientifiques. Vous avez inventé une science et redonné leurs moyens à des milliers de personnes.

Carol Richards, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec. Il faut que je le rajoute : madame vient de me spécifier qu’elle vient d’Alma; ce qui est, en soi, une qualité tout à fait remarquable! (Rires)

Monsieur Serge Payette

Vous êtes titulaire d’un baccalauréat en agronomie et d’une maîtrise en biologie végétale de l’Université Laval, ainsi que d’un doctorat en sciences naturelles de l’Université de Montpellier.

Vous avez parcouru le Nord québécois, de la toundra à l’Ungava. Vous avez ainsi développé patiemment, pendant quarante ans, la connaissance la plus approfondie qui soit des écosystèmes subarctiques et boréaux. Votre travail est à la fois écologique et paléoécologique, c’est-à-dire qu’il offre une perspective à la fois contemporaine et historique de la végétation au nord du 54e parallèle. Vous fournissez ainsi l’essentiel point de comparaison pour mieux comprendre, étudier et s’adapter aux changements climatiques. Professeur et chercheur prolifique, auteur de deux cents publications scientifiques, vous êtes titulaire principal de la chaire CRSNG de recherche nordique en écologie des perturbations à l’Université Laval et conservateur de l’Herbier Louis-Marie et de ses quelque 800 000 spécimens végétaux. Votre œuvre scientifique a un caractère essentiel et fondateur. Vous êtes l’émule du frère Marie-Victorin. Serge Payette, au nom du peuple du Québec, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

(Quelques mots inaudibles sont échangés entre monsieur Payette et le premier ministre.)

Monsieur Jeannot Painchaud

Vous êtes diplômé de l’École nationale de cirque de Montréal. Vous êtes artiste de cirque, acrobate, jongleur et spécialiste de la bicyclette artistique.

En 1993, avec des étudiants de l’École nationale de cirque, vous fondez, à Montréal, le Cirque Éloize. Votre troupe a la particularité de ne rassembler comme équipe de départ que des artistes des Îles-de-la-Madeleine, dont vous êtes, vous aussi, originaire. Reconnu pour ses univers poétiques mêlant le théâtre, la danse et l’acrobatie qui ont fasciné le monde, le Cirque Éloize a enchaîné une dizaine de productions originales, totalisant quelque quatre mille spectacles présentés dans plus de trente-cinq pays. Et quand on est à l’étranger, comme moi, comme premier ministre, et qu’on voit une de vos affiches, ailleurs dans le monde, on est bien fier! Par exemple, votre spectacle La nuit, le ciel est plus grand a été présenté sept cents fois devant 700 000 personnes. Le Cirque Éloize se distingue aussi par son modèle d’affaires; vous travaillez en association avec des producteurs et développez les créneaux des centres culturels et salles commerciales, ce qui vous permet de rejoindre un public élargi jusque dans des petites villes. Il y a, dans ce modèle, un plaidoyer pour l’accès à la culture. Vous êtes un des plus grands artisans du cirque québécois moderne.

Jeannot Painchaud, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Zebedee Nungak

Vous êtes né à l’extrême nord du Québec – et là, donnez-moi un peu de miséricorde –, à Saputiligait. C’est ça?

M. Nungak : Yes.

M. Couillard : I sait it right?

M. Nungak : Yes.

M. Couillard : Thanks! (Rires)

In 1963, you were snatched from your family. You were one of the first Inuit children involved in a federal program called social-engineering experiment. For seven years, you were educated in Ottawa, in white culture, until your own identity was erased. Over there, you were not white enough, and when you returned, you were no longer Inuit enough.

[En 1963, vous avez été arraché à votre famille. Vous avez été l’un des premiers enfants inuits touchés par le programme fédéral connu sous le nom de politique d’assimilation. Pendant sept ans, vous avez reçu, à Ottawa, une éducation de culture blanche, jusqu’à en perdre votre propre identité. Alors que là-bas, vous n’étiez pas assez blanc, lorsque vous êtes retourné dans votre famille, vous n’étiez plus assez inuit.]

Vous trouverez, dans la douleur du rejet, votre mission : promouvoir les droits et la culture de votre peuple. Cette langue qu’on vous a imposée, l’anglais, vous en avez fait l’instrument pour parler aux Canadiens de la réalité des Inuits.

You have become one of the most important bearers of Inuit culture in Canada. [Vous êtes devenu l’un des plus importants représentants de la culture inuite au Canada.]

Vous avez été de toutes les instances sociopolitiques et de promotion des Inuits et de leur culture. Vous avez publié plusieurs articles en anglais et en inuktitut sur la vie dans le Nord et avez été un commentateur radiophonique régulier sur les ondes de CBC North. Vous avez même produit un document de comédie : Qallunaat! My White People Are Funny – or Why White People Are Funny.

Are we really that funny? [Sommes-nous vraiment si amusants?] (Rires)

M. Nungak : Yes! (Rires)

M. Couillard poursuit : Une satire géniale du regard des Blancs sur les Inuits.

Raised in rejection, you have had the greatness to place your life under the sign of mutual respect. [Élevé dans le rejet, vous avez eu la grandeur de placer votre vie sous le signe du respect mutuel.]

Zebedee Nungak, au nom du people québécois – on behalf of the people of Québec, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec – I make you Chevalier of the Ordre national du Québec.

Madame Louise Nadeau

Vous détenez notamment un doctorat en psychologie de l’UQAM; votre thèse portait sur les femmes et l’alcool. Vous êtes l’une des plus grandes spécialistes québécoises de trois types d’addiction : l’éthylisme, la toxicomanie et la dépendance aux jeux d’argent.

Depuis trente-cinq ans, vous vous employez à aider les femmes qui subissent un double préjugé : celui du sexisme et de la marginalisation due à la surconsommation d’alcool et d’autres substances psychoactives. Comme chercheuse, professeure et clinicienne, vous avez profondément influencé la connaissance et l’intervention auprès de ces femmes en grande situation de vulnérabilité. Vous avez, entre autres, lancé et dirigé le programme de certificat en toxicomanie à l’Université de Montréal et présidé la Fondation canadienne de recherche sur l’alcoolisation fœtale. Vous avez publié neuf livres, écrit une cinquantaine de chapitres d’ouvrages collectifs et une centaine d’articles scientifiques. Votre renommée est internationale. Avec vous, la science fait reculer la détresse.

Louise Nadeau, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Ricardo Larrivée

Tout le monde vous connaît. Votre site Web, ricardocuisine.com, lancé en 2009, est visité chaque mois par trois millions d’internautes. Cela donne un aperçu de votre renommée et de votre proximité avec les Québécois. Vous avez fait vos études en gestion hôtelière à l’ITHQ et en radiotélédiffusion au Collège algonquin d’Ottawa.

Vous faites vos premiers pas à Radio-Canada Saskatchewan. Vos talents de cuisinier sont remarqués par vos collègues, et on vous confie une chronique sur la cuisine internationale. De retour au Québec, en 1992, vous signez des chroniques culinaires dans La Presse et Elle Québec et à l’émission télé Les saisons de Clodine, où vous rencontrez votre future épouse, Brigitte Coutu. Ensemble, vous enchaînez des projets avec une redoutable habileté entrepreneuriale. Votre entreprise, Ricardo Média, devient une ruche qui compte, aujourd’hui, plus de trente employés réguliers et une cinquantaine de contractuels. Émissions télé en français et en anglais, magazine tiré à plus d’un million d’exemplaires, site Internet, produits dérivés et même un vignoble en Afrique du Sud, votre nom est aujourd’hui une marque d’articles de cuisine, de vin et on trouve même un café Ricardo adjacent à l’Espace Ricardo. En septembre 2016, le magazine Elle France vous consacre un portrait dithyrambique faisant de vous le « gentleman trappeur » du Québec. (Rires)

Votre succès a aussi une grande portée sociale : une saine alimentation et le bonheur à table. Vous poursuivez aussi votre engagement avec le projet prometteur de lab-école, au sein duquel vous vous impliquez avec Pierre Lavoie et Pierre Thibault.

Ricardo Larrivée, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Jean-François Lapointe

Monsieur Lapointe, vous êtes né à Hébertville – vous voyez, un autre! –, au Lac-Saint-Jean. Vous détenez un baccalauréat et une maîtrise en interprétation chant de l’Université Laval. Après vos études, vous vous êtes perfectionné aux États-Unis auprès de Martial Singher, un artiste d’origine française qui fut une légende de l’opéra au XXe siècle. Comme vous, il était baryton.

Vous faites vos débuts sur scène en 1983. En 1989, vous triomphez avec votre interprétation de Pelléas, dans l’œuvre de Debussy : Pelléas et Mélisande. Et c’est la consécration. Vous foulez les scènes les plus prestigieuses et défendez les rôles les plus importants, avec une affection toute particulière pour le répertoire lyrique français. On vous acclame à Toronto, Montréal, New York, Londres, Amsterdam, Paris, Madrid, Barcelone, Stockholm, Berlin, Milan, Rome, Tokyo, Osaka pour n’en nommer que quelques-unes. Vous épatez la critique par la musicalité de votre jeu, la perfection de votre légato et votre polyvalence qui vous permet de chanter avec une aisance égale en cinq langues. Toujours en voyage, vous ne manquez pas, dès que vous posez vos valises, d’animer des classes de chant pour jeunes artistes en Europe et au Québec. Vous êtes une vedette mondiale de l’art lyrique et un formidable ambassadeur du Québec.

Vous avez été admis à l’Ordre national du Québec en 2016, votre décoration vous est donc remise aujourd’hui. Jean-François Lapointe, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

Madame Maria Labrecque Duchesneau

Vous êtes diplômée de l’UQAM en psychologie sociale de la communication et en intervention psychosociale. Vous avez aussi été formée en soins palliatifs et accompagnement en fin de vie.

Et parallèlement à la psychologie, vous avez été, pendant sept ans, propriétaire d’un commerce de fleurs. Mme Labrecque Duchesneau : Vous savez ça!

M. Couillard : On m’a tout dit! On m’a tout dit! (Rires)

Ce n’est pas anodin dans votre parcours, parce que ce sont deux passions qui vous définissent : ce lien avec la terre et la psychologie; elles vont ont amenée à contribuer de façon tout à fait unique à l’intervention psychosociale au Québec. Vous avez œuvré dans différents organismes avant de fonder, en 2003, l’initiative Au cœur des familles agricoles – je m’en souviens bien –, connue comme l’ACFA. Sa mission est de venir en aide aux producteurs agricoles touchés par la détresse psychologique. En dix ans, votre action s’est étendue à tout le Québec rural, et l’ACFA est devenu un immense réseau d’entraide adapté et tourné vers la santé globale en milieu agricole pour les producteurs, productrices et leurs proches. En 2013, vous avez ouvert la maison ACFA, à Saint-Hyacinthe, qui est une maison de répit pour agriculteurs en difficulté. Vous avez été l’ange gardien de beaucoup de nos producteurs et productrices agricoles.

Marie Labrecque Duchesneau, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec.

Sœur Madeleine Juneau

Membre de la congrégation de Notre-Dame, vous êtes titulaire d’un baccalauréat en pédagogie et d’une maîtrise en histoire de l’Université de Montréal.

Vous avez été enseignante à Montréal et en Ontario, avant de vous prendre d’affection pour la maison Saint-Gabriel, un bâtiment tricentenaire situé dans le quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal. Pendant une douzaine d’années, vous y avez été responsable des programmes éducatifs et, depuis 1997, en êtes la directrice générale. Vous avez fait de ce trésor caché un musée unique mettant en valeur l’apport de votre communauté à l’histoire de Montréal et plongeant les visiteurs dans l’époque de la Nouvelle-France. Sous votre direction énergique, l’affluence a été plus que décuplée, la collection d’artéfacts a gonflé, un immense jardin d’époque a été aménagé et une ancienne résidence pour religieuses a été transformée en centre d’interprétation et de conférence. La maison Saint-Gabriel est aujourd’hui un site touristique couru de Montréal et la fierté d’un quartier qu’elle aura beaucoup aidé à revitaliser. Votre action et votre dévotion semblent tout droit inspirées par sainte Marguerite Bourgeoys, monument de notre histoire et fondatrice de votre congrégation.

Sœur Madeleine Juneau, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Jacques Godin

Vous êtes un comédien géant… c’est vrai! M. Godin : Ah ben, merci!

M. Couillard poursuit : Vous avez fait les belles années des dramatiques radiodiffusées, vous avez forgé le travail d’acteur à la télévision, vous êtes un pionnier de notre cinéma et, tout au long de votre carrière, vous avez tenu des rôles marquants au théâtre. Vous tenez tous les registres : de la tragédie à la comédie, jusqu’aux émissions pour enfants. De Radisson, à la fin des années 50, à Mémoires vives, en 2015, vous avez rejoint, ému, diverti des millions de Québécois et de Canadiens anglais, car vous avez exercé votre art dans les deux langues. Et pourtant, vous sembliez avoir résisté à l’appel, puisque vous avez d’abord fait des études militaires et obtenu un baccalauréat en sciences comptables, avant d’embrasser le métier de comédien.

M. Godin : Ça ne m’allait pas du tout! (Rires)

M. Couillard poursuit : Votre carrière aligne plus de 230 productions : une soixantaine au théâtre, plus de cent dix à la télévision, dont une cinquantaine de téléthéâtres aux Beaux dimanches – comme beaucoup de Québécois, je m’en souviens; je m’en souviens très bien – et d’innombrables premiers rôles dans des films qui ont fait époque : Équinoxe, Henri, La dernière fugue, La donation Gaspardet filsLa donation, Gaspard et filsO.K. ... Laliberté et Pouvoir intime. Citoyen engagé, vous avez aussi milité, tout au long de votre vie, contre la cruauté envers les animaux. Vous êtes de ceux par qui les Québécois ont pris conscience de leur culture. Jacques Godin, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

Jacques Girard

Vous avez été formé en droit à l’Université de Montréal et à la London School of Economics. Votre parcours est une énumération d’entreprises et d’institutions publiques et privées qui ont joué un rôle prépondérant dans l’évolution du Québec et dont vous avez été l’un des hauts dirigeants. Vous avez notamment été secrétaire général de l’Université de Montréal, sous-ministre à l’Éducation, PDG de Radio-Québec, éditeur du Journal de Montréal et président de Québecor. Vous avez présidé des organisations dans le domaine de la santé, comme le conseil d’administration du CHUM, de nombreux conseils dans le domaine des arts, notamment ceux de la Place des arts et des Grands ballets canadiens. Parmi vos réalisations, soulignons que vous avez été le premier président de Montréal international, la grande agence de promotion de notre métropole sur la scène mondiale. Vous êtes l’idéateur et le fondateur de Finance Montréal, la grappe industrielle qui a repositionné Montréal parmi les places financières d’Amérique du Nord. Vous êtes un grand gestionnaire et un bâtisseur.

Jacques Girard, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Serge Gauthier

Votre intérêt pour la médecine se développe tôt dans des circonstances difficiles lorsque votre mère, au début de la trentaine, reçoit un diagnostic de sclérose en plaques. Vous voilà aujourd’hui médecin, chercheur et professeur titulaire à l’Université McGill, spécialisé en neurologie. Vous avez consacré dix ans de votre vie à l’étude de la maladie de Parkinson, avant d’obliquer vers la maladie d’Alzheimer. Vous avez structuré la recherche clinique en ce domaine, au pays, en mettant sur pied le C5R, qui regroupe 34 centres spécialisés dans la recherche sur les maladies cognitives et l’essai clinique des médicaments. Vous avez élaboré, avec votre conjointe, un instrument de mesure de la perte fonctionnelle, appelé DAD, pour disability assessment in dementia. Sous votre leadership, le C5R et quatre réseaux semblables des États-Unis, de l’Europe, de l’Australie et de l’Asie harmonisent leurs stratégies et utilisent cette échelle DAD comme référence internationale. Vous avez organisé la lutte mondiale contre l’un des fléaux de notre siècle.

Serge Gauthier, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Paul-Arthur Fortin

Vous détenez une licence en sciences comptables de HEC Montréal, un MBA de l’Université Laval, un doctorat en sciences de l’administration de la même Université Laval.

Vous avez vous-même fondé deux entreprises de fabrication et distribution de produits chimiques à Jonquière, votre ville natale, avant de devenir le premier directeur général du cégep de Jonquière et de vous engager dans une œuvre de promotion de l’esprit d’entreprise. Vous avez présidé le comité directeur du Programme expérimental d’emplois communautaires qui a permis, au tournant des années 80, l’éclosion d’une centaine de petites entreprises en région. Vous avez enseigné la gestion de PME à l’Université Laval. Vous avez été PDG de la Fondation de l’entrepreneurship, dont vous êtes l’un des membres fondateurs. Vous avez lancé des concours, organisé des conférences, contribué à la mise en place des Fonds locaux de solidarité FTQ et publié de nombreux ouvrages, dont La culture entrepreneuriale, un antidote à la pauvreté, publié en 2002. Vous êtes l’un des pères de l’entrepreneurship québécois moderne.

Paul-Arthur Fortin, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Michel de la Chenelière

Vous êtes venu d’Évreux, en Normandie, et vous avez pris racine ici, à l’instar de tant de nos ancêtres.

Vous avez entrepris une carrière dans l’édition scolaire. En 1984, vous fondez votre entreprise, Chenelière éducation. Elle grandit pendant plus de vingt ans, jusqu’à atteindre un chiffre d’affaires de 50 millions de dollars et à employer deux cents personnes, posséder un catalogue de 3 500 titres vendus dans 5 000 établissements scolaires du Canada et de l’Europe francophones, à tous les niveaux d’enseignement. En 2006, votre entreprise est vendue à Transcontinental. Vous investissez les recettes dans le développement de la Fondation de la Chenelière, qui se dédie à l’action pédagogique dans les pays en développement, au soutien des artistes, à l’appui et à la recherche en environnement. En 2012 et en 2015, avec cette discrétion qui est votre marque de commerce, vous faites deux dons personnels, totalisant 5 millions de dollars, au Musée des beaux-arts de Montréal. Dans cette foulée, l’institution entreprend une refonte complète de ses espaces éducatifs, qui sont aujourd’hui les plus grands des musées d’art nord-américains. Votre engagement en faveur de l’éducation et votre mécénat forcent l’admiration.

Michel de la Chenelière, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur René Dallaire

En 1970, un accident, lors d’une compétition de ski, vous laisse quadriplégique. Mais vous êtes un compétiteur, un battant. Vous étudiez en administration à HEC Montréal, à l’Université de Sherbrooke et êtes admis à l’Ordre des comptables agréés du Québec en 1979.

Et vous faites carrière : vérificateur chez Clarkson Gordon, conseiller en gestion financière à l’Hôpital Sainte-Justine, directeur des finances à l’Institut de réadaptation Montréal, directeur général des Systèmes médicaux 2000. Mais l’autre partie de votre vie est encore plus inspirante. En 1994, vous acceptez une étrange invitation d’un homme de Vancouver, qui vous propose d’essayer un voilier à conduite semi-automatisée dans le cadre d’une régate appelée Mobility Cup. Émerveillé par l’expérience, vous lancez, un an plus tard, l’Association de voile adaptée du Québec. En 2014, 209 participants profitaient de vos programmes récréatif et compétitif. Aujourd’hui consultant, conférencier et entrepreneur, vous êtes aussi membre de nombreux conseils d’administration d’organismes de bienfaisance et de santé. Vous êtes un vent de liberté pour les personnes handicapées.

René Dallaire, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

Madame Lise Cormier

Vous détenez un baccalauréat en architecture de paysages et une maîtrise en sciences appliquées de l’Université de Montréal.

Vous avez eu votre propre entreprise de paysagement, avant d’entrer à la Ville de Montréal. En 1994, vous devenez directrice du nouveau service des parcs, des jardins et des espaces verts et directrice du Jardin botanique de Montréal. À la fin des années 90, votre travail vous amène en Chine, où vous êtes époustouflée par l’art des mosaïcultures. Vous en revenez avec la conviction que la greffe prendrait bien à Montréal. Et vous ne vous êtes pas trompée. Vous organisez un premier évènement, en 2000, qui connaît un tel succès que vous en faites une compétition mondiale, tenue à Montréal en 2003, en Chine en 2006, au Japon en 2009 et à nouveau à Montréal en 2013, attirant un million de visiteurs au Jardin botanique. Cette année, dans le cadre des fêtes du 150e anniversaire de la fédération canadienne, vous êtes à l’origine de l’exposition MosaïCanada, qui se déploiera à Gatineau à compter du 30 juin. Vous êtes vous-même mosaïcultrice, et vos œuvres grandioses ont été exposées aux États-Unis et en Turquie. Vous êtes une artiste-entrepreneure à nulle autre pareille.

Lise Cormier, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec.

Madame Yolande Cohen

Originaire du sud de la France, titulaire d’un doctorat en histoire de l’Université Paris 8, vous êtes professeure d’histoire contemporaine à l’UQAM. Vous avez également été professeure invitée dans de nombreuses universités du monde, dont Harvard, Princeton, UCLA, Paris 7 et Paris-X.

Vous avez consacré trente ans à comprendre et expliquer les mouvements sociaux et identitaires qui se sont développés au Québec et en France au XXe siècle, et cela, chez trois groupes bien précis longtemps mis à l’écart : les jeunes, les femmes et les Juifs. Vous avez mis en lumière le rôle prépondérant des mouvements étudiants français dans l’histoire de ce pays : Les jeunes, le socialisme et la guerre, comme le disait le titre de l’un de vos nombreux ouvrages. Vous avez raconté, comme personne, l’histoire des Juifs séfarades, de l’inquisition à nos jours, du Maroc au Québec, en passant par la France. Vous vous êtes passionnée pour l’histoire des femmes du Québec et pour leur contribution à la vie politique et aux débats sociaux. Vous avez, par exemple, déboulonné le mythe voulant que les femmes « d’avant le droit de vote » étaient confinées à leur cuisine. Vous avez révélé la grande influence des Cercles de fermières en milieu rural, des organismes de bienfaisance en milieu urbain. Vous avez aussi écrit sur l’importance historique et sociale des infirmières. Votre regard unique sur notre passé éclaire l’avenir.

Yolande Cohen, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Alain Chartrand

Vous avez étudié en biologie avec une spécialisation en écologie végétale à l’Université de Montréal.

Au milieu des années 70, vous travaillez à la baie James, où vous faites des évaluations environnementales. Mais peu après, la source d’emploi dans votre domaine se tarit. Avec des amis, vous lancez le magazine Chansons. Parallèlement, vous écrivez des chansons pour Passe-Partout et, dans un autre registre, vous êtes finaliste du Festival de la chanson de Granby. En 1987, vous convainquez vos collègues d’organiser un évènement à Montréal. C’est la naissance de Coup de cœur francophone, qui voit le jour dans la Maison de la culture d’Hochelaga-Maisonneuve. À l’origine, c’était quatre petits spectacles de quartier; c’est aujourd’hui la plus importante initiative de promotion de la chanson francophone au Canada : 180 spectacles, 45 villes d’un océan à l’autre, un tremplin pour des artistes de la relève, un trait d’union festif entre les communautés francophones du pays. Vous n’êtes pas si loin de votre premier métier : le biologiste d’hier prend maintenant soin de l’écosystème culturel de son pays.

Alain Chartrand, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Pierre Boivin

Vous avez étudié en administration des affaires au collège Jean-de-Brébeuf et en commerce à l’Université McGill.

Vous êtes un entrepreneur dans l’âme. Vous avez transformé toutes les organisations que vous avez touchées. En 1979, vous fondez Norvinca, qui devient le plus important distributeur d’équipements de sport au Canada. En 1994, vous êtes président de Canstar sports, société basée à Montréal, qui deviendra Bauer Nike Hockey. En 1999, vous êtes nommé président du club de hockey Canadiens et à la tête du groupe spectacle Gillett et du centre Bell. Vous redéfinissez l’engagement social des Canadiens, que vous axez sur la santé, l’éducation et l’environnement. Vous élaborez l’année du centenaire. Vous positionnez le centre Bell comme l’une des principales salles de spectacles de Montréal et vous faites d’Evenko un grand promoteur de spectacles. Depuis 2011, vous êtes président et chef de la direction de Claridge. Sous votre gouverne, ce qui était connu comme la Fondation de la famille Bronfman est devenu, aussi, une authentique société d’investissement dans l’économie de Montréal et les PME innovantes. Vous êtes toujours président exécutif de la Fondation des Canadiens pour l’enfance et engagé dans de nombreuses initiatives à vocation sociale et économique. Vous êtes de ces as compteurs qui font – compteurs avec un pt, et non pas des conteurs d’histoires – qui font le succès de Montréal.

Pierre Boivin, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

Madame Nahid Aboumansour

Vous êtes notamment titulaire d’une maîtrise en architecture. Au Liban, votre pays d’origine, vous avez enseigné et détenu votre propre firme.

En 1989, vous vous installez au Québec, mais votre diplôme n’est pas reconnu. Vous faites contre mauvaise fortune bon cœur. Vous apprenez le français et devenez bénévole dans une banque alimentaire du quartier Côte-des-Neiges, tenue par une religieuse, Denise Arsenault. Lorsque l’organisme est contraint de fermer ses portes, vous faites équipe avec Mme Arsenault et, grâce à un don de 600 $ de la congrégation des sœurs de Sainte-Croix, vous louez un modeste local. Vous commencez à offrir des cours de couture à des immigrantes désireuses d’intégrer le marché du travail. C’était le début de Petites-mains – que j’ai connu à une autre époque. Aujourd’hui, 21 ans plus tard, Petites-mains, c’est une entreprise d’insertion sociale unique, logée dans un bâtiment de trois étages comportant boutique et café-resto. Vous y offrez, à des femmes de tous les horizons, des formations socioprofessionnelles reconnues dans les domaines de la couture industrielle, de la restauration et de la bureautique. Vous offrez aussi des ateliers de francisation. Vos Petites-mains façonnent un Québec pour tous et pour toutes.

Nahid Aboumansour, au nom du peuple québécois, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec.

Other videos –

All videos

Online as of: September 27, 2011
Accessibility   |   Politique de confidentialité   |   Règlement sur la diffusion de l'information

Gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2017